
Dans l’apprentissage de toute compétence, il arrive qu’on confronte des plateaux.
On en a déjà discuté dans un billet à ce sujet et aujourd’hui je veux parler d’un piège facile à subir, difficile à naviguer.
Celui de chercher des réponses ailleurs.
Pourquoi je dis facile à subir: C’est une preuve d’ingéniosité et de curiosité que de chercher à réfléchir hors de la boîte, aller regarder ailleurs, faire ses recherches et analyser d’autres situations similaires pour tirer des conclusions.
Pourquoi je dis que c’est difficile à naviguer? Car c’est facile d’abandonner la constance et la discipline au profit de la nouveauté et de la prochaine surprise qui nous donnera l’impression de progrès.
En théorie, toute situation nouvelle est source d’apprentissage et on ne peut pas trop se tromper à faire de tels efforts.
En pratique, le temps qu’on peut investir sur une matière et sur la pratique d’une telle compétence est limitée. Si ce qu’on cherche c’est la compétence, il est mieux de se tenir au processus du club dans lequel on est et s’assurer d’avoir bien compris ce qu’il en retourne avant d’aller chercher réponse ailleurs.
Si inversement, la compétence n’est pas notre intérêt dans la pratique du sport, et ce qu’on recherche c’est l’exploration, la découverte et la nouveauté, il est pertinent de foncer puisque nous sommes là pour nous amuser.
Maintenant, je considère que de développer une compétence est quelque chose de palpitant et que la progression est la source du bonheur, donc je vais m’attaquer surtout à cet aspect:
C’est normal dans une progression que toutes les compétences ne soient pas maîtrisées en harmonie dès maintenant. C’est donc normal que certaines choses apprises ne soient pas efficaces autant que voulu dans l’immédiat. Dans le contexte de la Scrimicie, un exemple flagrant est souvent celui de la Garde en Fusil à l’épée longue.
Beaucoup d’élèves en apprennent les rudiments, mais vont commencer à jouer avec d’autres postures et prendre l’habitude de baisser leur garde, de s’exposer à des manoeuvres de contrôle adverses et de nuire à leur défense car ils se sentent “coincés” ou ne savent pas quoi faire avec.
Prendre des mauvais plis et perdre de la maîtrise d’une habileté pour compenser un manque de compétence en premier lieu est un investissement vers la confusion et l’éparpillement.
Plusieurs modules de matière et plusieurs compétences seront appliquées les unes sur les autres à partir de cette base jusqu’à ce que le combattant soit suffisamment outillé pour profiter des différentes opportunités offertes par la Garde en Fusil.
Si on prend l’habitude de la quitter constamment par inconfort plutôt que de travailler cette habileté, on ne bâtit pas la perspective, l’expérience et les outils permettant d’en profiter à son plein potentiel et on développe une prophétie autoréalisée.
Manquant d’expérience et de compétence dans son utilisation de base, on ne développe pas les mécanismes requis pour intégrer de nouvelles compétences et les utiliser. Ce qui provoque une situation dans laquelle on continue à avoir de la difficulté à utiliser cette garde et appliquer ses atouts.
Il faut donc se rappeler le processus et la raison pour laquelle les instructeurs, coachs et le programme encouragent autant l’usage de ces outils, se concentrer à utiliser et exploiter cette base aussi souvent que possible, pour être prêt le moment venu à intégrer le reste du contenu.
Mais faire confiance en un processus n’est pas toujours facile; comme instructeurs nous avons nos responsabilités de bien vous l’expliquer et de vous développer une confiance dans celui-ci, mais comme élève et pratiquant, il faut un peu de discipline et se rappeler que des gens ont fait tout ce parcours pour faciliter le nôtre.
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