Un projet comme l’Académie Scrimicie ne se fait pas en un claquement de doigts. Il doit aussi avoir une certaine vision pour se rendre quelque part. Régulièrement, cette vision est remise en question, mise à jour, partagée, transformée. Tout bon projet doit avoir quelque chose de spécial et il faut savoir l’identifier et s’y donner.
Souvent, ces transformations peuvent se faire instinctivement sans qu’on le rélaise. D’autres fois, ce sont des choix réfléchis après plusieurs découvertes.
Jay Maes, de la Storica Defensa, a souvent dit quelque chose à ce sujet dans ses publications. Pour développer un projet de cette envergure (Storica Defensa en étant un bon exemple), il faut s’entourer de gens partageant une vision similaire et ayant les mêmes motivations. C’est comme cela qu’on peut créer quelque chose de spécial.
Cette phrase m’a illuminé par sa simplicité.
D’une part, on ne peut pas construire avec tout le monde en les ignorant. C’est un mauvais leadership, c’est insatisfaisant et ce n’est pas rassembleur.
Inversement, depuis mes premiers pas dans l’organisation de groupes et d’activités, j’ai toujours réalisé qu’il y avait une ligne à ne pas franchir (de part et d’autre) entre l’avis populaire et la vision d’un projet.
Mais je me suis toujours demandé au fond, qu’est-ce que la vision d’un projet (autre que les caprices de ceux qui établissent cette vision)? Car si on veut développer selon la vision d’un projet, il faut que cette vision soit légitime.
Sinon, c’est difficile de justifier ces moments ou on se tient à une ligne qui se distance (au moins en apparence) des vocables énoncés par ses participants et partenaires.
Et Jay Maes l’a bien dit: C’est créer quelque chose de spécial.
Spécial veut dire en quelque sorte d’unique ou de spécifique. Et à ce moment, ce cercle se complète malgré toutes les itérations que nous pourrions bien lui trouver.
Avec mes nombreux alliés, ce quelque chose de spécial c’est:
- Créer une approche standardisée, efficace et optimisée pour l’enseignement de cours. Cela prend du temps, de la recherche,des efforts et une importante mobilisation de pédagogues. Ces ressources (qui doivent souvent se traduire par des coûts à l’inscription) ne semblent pas toujours raisonnables aux yeux de certains. Pourtant, sans elles nous ne serions pas en train d’accomplir ce que nous faisons en ce moment.
- Développer un art martial dans le contexte des AMHE qui maintient vivant les racines de notre art tout en modernisant ses techniques et ses approches selon l’expérience empirique. Cela prend des gens qui ont à coeur le côté historique des AMHE, tout en ayant à coeur le côté martial et développement de cet art martial. Ça implique de former des élèves, des athlètes et des instructeurs. Le but est que ces gens puissent devenir expert dans cette approche particulière. Cela prend des centaines d’heures d’activités et d’encadrement pour se rendre là. C’est encore une fois quelque chose de spécial car l’équilibre que l’on recherche entre ces différents points n’est pas l’approche la plus conventionnelle aux AMHE.
- Développer un sport crédible et professionnel: À tous les niveaux (coaching, athlètes, protocoles, structure, formation, etc.), un sport se doit d’avoir des mécanismes, outils et ressources pour lui donner une véritable structure pour qu’il développe son autorité. Pour faire ça, nous avons tous les points précédant, mais ceux-ci viennent aussi avec une intégration toujours plus grande du reste du milieu des AMHE. Il faut les accueillir dans notre vision: intégrer des gens de l’extérieur dans nos activités, inviter des athlètes d’autres clubs dans nos tournois, faire des partenariats avec des clubs locaux pour partager notre vision sans la diluer.
Tous ces éléments sont des actes d’équilibre sur une corde tendue, car il est facile de trop faire dans un sens ou dans un autre aux dépens d’autres éléments.
Donc en ce moment, mes réflexions portent sur ces sujets:
- Comment simplifier le roulement des activités pour nos bénévoles sur le terrain (administration simplifiée, accessibilité de ressources, etc.)
- Comment assurer une meilleure constance et un meilleur professionnalisme de nos activités, notamment via un processus plus naturel et durable de relève mais aussi de formation
- Comment améliorer le suivi personnalisé et l’encadrement des participants pour qu’ils reçoivent une expérience de plus en plus personnalisée à mesure qu’ils progressent.
On a donc des dossiers pour créer ce quelque chose de spécial:
- Meilleur encadrement des nouveaux en pratique libre pour une expéŗience plus vraie de l’escrime médiévale.
- Création et division de certains mandats pour les simplifier, notamment l’ajout d’un responsable pédagogique dans les cours qui aura un focus sur le coaching et le suivi des élèves
- Meilleure intégration de nos activités et ressources au milieu général des AMHE
- Développement d’une ligue de tournoi provinciale et + ouverte aux autres clubs
Malgré le développement d’une dizaine d’écoles de plus en plus stables, d’équipes durables et d’une progression nettement observable de l’escrime dans nos différents campus, on voit tout le travail devant nous.
Ce sont de magnifiques défis qui nous attendent…et on est plusieurs à avoir hâte de les relever!

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